Mickey avait taillé les haies dans la propriété du type... Le type était réalisateur ou scénariste … enfin, le genre de mec qui bossait à Hollywood et qui y gagnait des millions. Mais ce qui avait branché Mickey c'était que ce type-là était collectionneur... et pas n'importe quel collectionneur : collectionneur de bécanes. Avoir fait bosser Mickey dans un endroit pareil c'était faire entrer Rocco Siffredi dans un casting porno... ça sentait le trash ...
Mickey c'était mon frère... mon demi-frère pour être exact... Quoique notre mère n'ait jamais pu nous dire qui était nos pères respectifs... Peut être d'ailleurs avions nous le même .... Notre vieille avait une gestion des hommes un peu... anarchique, nous avions 7 frères et sœurs et pas un ne descendait du même guidon. Elle était secrétaire de direction à la concession Harley Phoenix-Center et le seul truc dont nous étions sur, c'était que nous étions fils de rider... elle aimait les motards... pas un motard, non... les motards. Et son physique à la Lita Ford faisait que c'était gravement réciproque.
Mickey avait 18 ans de moins que moi et c'était non seulement mon frère mais c'était aussi une petite frappe... pas le genre violent, pas le genre ambitieux, juste une petite frappe mais une frappe à répétition... et son grand truc je vous le donne en mille, c'était les chiottes les brêles, les bécanes … les motos... il n'en avait possédé que par intermittence, c'était celles qu'il trouvait dans la rue et qui l'envoyait en général directement à Estrella.... Estrella ? Il y avait passé quasiment la moitié de sa vie depuis sa fin d'adolescence mais ça ne l'avait guérit de rien. Il faut dire que, même si arpenter les couloirs du pénitencier de Phoenix n'avait évidemment rien d'enthousiasmant, il y bénéficiait d'un statut … particulier. Et j'en étais la cause.
En 91, j'avais fais un séjour au Koweit en unité de reconnaissance sur KLR 250 d-8 , les nouvelles Kawa, les M1030 qui devait remplacer nos engins dans le courant de l'année n'étaient pas encore arrivées. Ramirez et moi étions inséparables, il était aussi originaire de Phoenix, et frère jumeaux du chef du gang hispanique le plus puissant des quartiers sud., mais lui avait choisi d'être Corporal dans les Marines, Nous bénéficions d'une relative liberté, le timing de la plupart de nos missions n'était pas contrôlé et nous permettait de grands détours dans les sables du Nafoud avec pour seul compagnon Cobain dans les oreilles. Jusqu'au jour ou la Kawa d'Ernesto sauta sur une mine, il y perdit la jambe, la main droite et la moitié du visage... le tout du même côté... je ne sais pas comment il réussit à survivre jusqu'à l'arrivée de l'hélico mais je sais que j'entend encore ses hurlements … Depuis pour Ernesto, c'était simple je lui avais sauvé la vie … même si ça n'était que la moitié... J'avais beau protester à chaque fois que nous nous croisions, il n'en démordait pas. Et cela arrangeait bien Mickey qui était probablement le seul petit blanc du pénitencier à bénéficier de la protection Hispanique... c'était donnant-donnant : un frère pour un autre.
Mickey avait 18 ans de moins que moi et c'était non seulement mon frère mais c'était aussi une petite frappe... pas le genre violent, pas le genre ambitieux, juste une petite frappe mais une frappe à répétition... et son grand truc je vous le donne en mille, c'était les chiottes les brêles, les bécanes … les motos... il n'en avait possédé que par intermittence, c'était celles qu'il trouvait dans la rue et qui l'envoyait en général directement à Estrella.... Estrella ? Il y avait passé quasiment la moitié de sa vie depuis sa fin d'adolescence mais ça ne l'avait guérit de rien. Il faut dire que, même si arpenter les couloirs du pénitencier de Phoenix n'avait évidemment rien d'enthousiasmant, il y bénéficiait d'un statut … particulier. Et j'en étais la cause.
En 91, j'avais fais un séjour au Koweit en unité de reconnaissance sur KLR 250 d-8 , les nouvelles Kawa, les M1030 qui devait remplacer nos engins dans le courant de l'année n'étaient pas encore arrivées. Ramirez et moi étions inséparables, il était aussi originaire de Phoenix, et frère jumeaux du chef du gang hispanique le plus puissant des quartiers sud., mais lui avait choisi d'être Corporal dans les Marines, Nous bénéficions d'une relative liberté, le timing de la plupart de nos missions n'était pas contrôlé et nous permettait de grands détours dans les sables du Nafoud avec pour seul compagnon Cobain dans les oreilles. Jusqu'au jour ou la Kawa d'Ernesto sauta sur une mine, il y perdit la jambe, la main droite et la moitié du visage... le tout du même côté... je ne sais pas comment il réussit à survivre jusqu'à l'arrivée de l'hélico mais je sais que j'entend encore ses hurlements … Depuis pour Ernesto, c'était simple je lui avais sauvé la vie … même si ça n'était que la moitié... J'avais beau protester à chaque fois que nous nous croisions, il n'en démordait pas. Et cela arrangeait bien Mickey qui était probablement le seul petit blanc du pénitencier à bénéficier de la protection Hispanique... c'était donnant-donnant : un frère pour un autre.
- Francis c'est du gateau... !
Quand Mickey avait interrompu le morceau des Gallagher pour me dire ça, j'avais baissé un peu plus la tête dans le moteur de la Fat boy qui m'occupait. Cette phrase puait comme un burn sur un bitume surchauffé. A mon retour d'Irak j'avais vécu 15 ans de petits trafics et de vols minables, j'étais toujours passé à travers les mailles du filet parce que j'étais prudent... et surtout... surtout... parce que je ne travaillais jamais avec Mickey. Et puis mes problémes de santé m'avaient rattrapé, le gouvernement niait tout en bloc mais les saloperies qu'ils nous avaient injecté là-bas avait des effets dévastateurs. Et j'en avais ma part, j'avais des soucis … intimes qui, à l'époque, me faisait gémir lorsque je pissais et gueuler lorsque je baisais … Finalement je finis par toucher une petite pension ainsi qu'un accés gratuit aux soins. Et je m'aperçus qu'il était bien plus reposant de bidouiller les bécanes des autres que de les maquiller. J'avais monté mon petit atelier de modifications et de préparations mais je vendais surtout des piéces détachées sur le web, je ne roulais pas sur l'or mais l'on me foutait la paix … et j'avais cessé de baiser...
-Francis je te jure il faut que tu vois ça, le type a un garage, on pourrait y faire jouer deux fois les Coyotes !
Ce petit con de Mickey tentait de me prendre par les sentiments mais je ne voyais pas ce que venait foutre mon équipe de hockey favorite chez un collectionneur de moto européenne. Oui parce que ce collectionneur était spécialisé en bécane... européenne... et ça... c'était plutôt mon rayon. Vieilles Triumph ou vieilles BM, c'était le truc qui me faisait rêver et qu'on ne voyait pas à toute les sorties de la Black Canyon highway:
- il a douze R6 complètement restaurées qu'il a garé en éventail je te jure on croirait la moitié d'un moule à gâteau, ça brille comme à Noél ! je te parle même pas des Norton!
Evidemment c'était le genre d'argument qui ne pouvait pas me laisser indifférent, et Paula Abdul sur la sono de l'atelier me susurait elle aussi : Rush rush ...
Mickey savait que, comme lui, j'avais ça dans le sang … il savait bien sur que le pick-up du garage avait une rampe et que j'avais gardé la bâche des mauvais coups pour le camoufler. Il savait aussi que j'avais toujours les compétences pour faire taire les alarmes et surtout Mickey savait … que je m'emmerdais …
Je ne sais plus comment la discussion avait tourné mais il m'avait fait ses yeux de street boy, ce regard aussi naif que gourmand qu'il avait du utiliser pour choper sa Chica et qu'il devait lui balancer régulièrement après chacune de ses conneries, Je n'avais d'ailleurs jamais vraiment compris comment ce type taillé dans une feuille de PQ , coiffé d'un balais à chiottes et dont la vie guidonnait comme une vieille brêle faisait pour la garder, parce que même si Edith avait le gabarit d'un Dinky-Toy, elle avait le carénage d'une grande sportive.
Quand Mickey avait interrompu le morceau des Gallagher pour me dire ça, j'avais baissé un peu plus la tête dans le moteur de la Fat boy qui m'occupait. Cette phrase puait comme un burn sur un bitume surchauffé. A mon retour d'Irak j'avais vécu 15 ans de petits trafics et de vols minables, j'étais toujours passé à travers les mailles du filet parce que j'étais prudent... et surtout... surtout... parce que je ne travaillais jamais avec Mickey. Et puis mes problémes de santé m'avaient rattrapé, le gouvernement niait tout en bloc mais les saloperies qu'ils nous avaient injecté là-bas avait des effets dévastateurs. Et j'en avais ma part, j'avais des soucis … intimes qui, à l'époque, me faisait gémir lorsque je pissais et gueuler lorsque je baisais … Finalement je finis par toucher une petite pension ainsi qu'un accés gratuit aux soins. Et je m'aperçus qu'il était bien plus reposant de bidouiller les bécanes des autres que de les maquiller. J'avais monté mon petit atelier de modifications et de préparations mais je vendais surtout des piéces détachées sur le web, je ne roulais pas sur l'or mais l'on me foutait la paix … et j'avais cessé de baiser...
-Francis je te jure il faut que tu vois ça, le type a un garage, on pourrait y faire jouer deux fois les Coyotes !
Ce petit con de Mickey tentait de me prendre par les sentiments mais je ne voyais pas ce que venait foutre mon équipe de hockey favorite chez un collectionneur de moto européenne. Oui parce que ce collectionneur était spécialisé en bécane... européenne... et ça... c'était plutôt mon rayon. Vieilles Triumph ou vieilles BM, c'était le truc qui me faisait rêver et qu'on ne voyait pas à toute les sorties de la Black Canyon highway:
- il a douze R6 complètement restaurées qu'il a garé en éventail je te jure on croirait la moitié d'un moule à gâteau, ça brille comme à Noél ! je te parle même pas des Norton!
Evidemment c'était le genre d'argument qui ne pouvait pas me laisser indifférent, et Paula Abdul sur la sono de l'atelier me susurait elle aussi : Rush rush ...
Mickey savait que, comme lui, j'avais ça dans le sang … il savait bien sur que le pick-up du garage avait une rampe et que j'avais gardé la bâche des mauvais coups pour le camoufler. Il savait aussi que j'avais toujours les compétences pour faire taire les alarmes et surtout Mickey savait … que je m'emmerdais …
Je ne sais plus comment la discussion avait tourné mais il m'avait fait ses yeux de street boy, ce regard aussi naif que gourmand qu'il avait du utiliser pour choper sa Chica et qu'il devait lui balancer régulièrement après chacune de ses conneries, Je n'avais d'ailleurs jamais vraiment compris comment ce type taillé dans une feuille de PQ , coiffé d'un balais à chiottes et dont la vie guidonnait comme une vieille brêle faisait pour la garder, parce que même si Edith avait le gabarit d'un Dinky-Toy, elle avait le carénage d'une grande sportive.
Même Maria Carey en remettait une couche en me parlant d'Emotion …
Le soir même je couchais ma vieille XT dans les buissons de Scottdale... il y a avait bien longtemps que je n'étais pas parti en repérage,,,
La vie est surprenante, tu passes des années à régler ton ralenti pour qu'il ronronne à la perfection et d'un coup d'accélérateur, ta mécanique s'emballe et comprend d'elle même que le moment est venu de bouger.
Et là, même sans n'avoir aucun rapport les uns avec les autres les faits s’enchaînent ...
… En l’occurrence pour moi les faits allaient plutôt se déchaîner...
Le lendemain même, je rencontrais Fanny.
Fanny qui allait m'apprendre à plus de 45 balais pourquoi Bukowski titrait que l'amour était un chien de l'enfer...
A SUIVRE .....
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